Beau et chaud

«Beau et chaud», telle est la météo que nous avons l’habitude de nous souhaiter mutuellement pour les vacances, une fête ou une cérémonie. Le «beau temps», dans notre éducation, notre culture et nos traditions, c’est lorsqu’il ne pleut pas et, si possible, que le soleil brille.

L’été que nous vivons, mais aussi ceux de ces dernières années, modifie notre perception et nos attitudes. Comme dans les pays tropicaux ou les contrées désertiques, nous nous mettons à rechercher les oasis de fraîcheur et commençons à apprendre comment éviter la fournaise. Toutes les personnes ne sont pas égales face à la chaleur excessive, d’où le plan canicule des communes neuchâteloises. À Val-de-Ruz, le dispositif d’appel téléphonique permet le suivi de 53 bénéficiaires de plus de 70 ans l’ayant accepté.

L’évolution attendue pour les prochaines années pose déjà le débat de l’accès à des lieux tempérés pour protéger la population contre les trop fortes chaleurs. Les solutions ne sont pas simples et demanderont la mise en commun de nombreuses bonnes volontés.

L’avenir de notre milieu naturel et de notre agriculture nous interpelle encore plus. Les forêts souffrent douloureusement d’une sécheresse que de nombreux arbres ne peuvent pas supporter sans mal. Les estivages et les herbages ne parviennent plus à nourrir la quantité habituelle de bétail. Et la plupart des cultures subissent une baisse de rendement, qu’il s’agisse de quantité, de qualité nourricière ou des deux à la fois.

Nous ne pourrons pas refroidir les champs et les forêts. Nous ne pourrons pas non plus compenser le manque d’eau par un arrosage à grande échelle. Il faudra adapter la production agricole et modifier notre manière de consommer la nourriture. L’évolution pourrait être rapide et pour ne laisser personne au bord du chemin, une solidarité sans faille sera nécessaire.

En ce mois d’août 2026, il est encore temps de méditer la devise qui orne la coupole intérieure du Palais fédéral: «Un pour tous, tous pour un».

Roby Tschopp, conseiller communal